Tarifs photovoltaïques S21 — 2e trimestre 2026 (arrêté CRE)
Tarifs d'achat photovoltaïque du 1er avril au 30 juin 2026 (arrêté S21) : vente du surplus, vente totale, primes par segment ≤ 9 kWc, 9-36 kWc, 36-100 kWc.
Les tarifs d'achat de l'électricité photovoltaïque ont été actualisés au 1er avril 2026 par la Commission de Régulation de l'Énergie (CRE) dans le cadre de l'arrêté tarifaire S21. Ces tarifs s'appliquent aux contrats signés avec EDF Obligation d'Achat pour la période du 1er avril au 30 juin 2026. Voici ce qui change pour les installateurs et les maîtres d'ouvrage.
Le cadre : arrêté tarifaire S21
L'arrêté tarifaire S21 régit les conditions d'achat de l'électricité produite par les installations photovoltaïques sur bâtiment, hangar ou ombrière, d'une puissance crête installée inférieure ou égale à 100 kWc. Au-delà de ce seuil, les projets relèvent désormais d'un appel d'offres simplifié pour la tranche 100-500 kWc.
Le tarif applicable à un contrat dépend de trois éléments :
- la puissance de l'installation (en kWc) ;
- le mode de vente retenu (vente totale ou vente du surplus en autoconsommation) ;
- la date de demande complète de raccordement (DCR) transmise à Enedis, qui détermine le trimestre tarifaire de référence.
Tarifs en vigueur du 1er avril au 30 juin 2026
Vente du surplus (autoconsommation)
| Segment de puissance | Tarif d'achat |
|---|---|
| ≤ 9 kWc | 4,00 c€/kWh |
| 9 à 100 kWc | 4,73 c€/kWh |
Vente totale
| Segment de puissance | Tarif d'achat |
|---|---|
| ≤ 9 kWc | non éligible |
| 9 à 36 kWc | 8,05 c€/kWh |
| 36 à 100 kWc | 7,00 c€/kWh |
À noter : depuis le 28 mars 2025, la vente totale n'est plus éligible aux installations de puissance inférieure ou égale à 9 kWc. Sur ce segment, seule l'autoconsommation avec vente du surplus reste possible.
Prime à l'investissement (autoconsommation avec vente du surplus)
| Segment de puissance | Prime |
|---|---|
| ≤ 3 kWc | 80 €/kWc |
| 3 à 9 kWc | 140 €/kWc |
| 9 à 36 kWc | 120 €/kWc |
| 36 à 100 kWc | 60 €/kWc |
La prime est versée au producteur sur les cinq premières années du contrat, en complément du tarif d'achat du surplus injecté.
Une dynamique de baisse continue
Le segment des installations de 9 à 100 kWc a subi une nouvelle baisse au 1er trimestre 2026 (de l'ordre de 12 % pour les tarifs et 14 % pour les primes). Cette tendance reflète la maturité technique de la filière et la baisse continue des coûts d'équipement, mais elle pèse fortement sur les modèles économiques fondés sur la revente totale.
Au-delà de 100 kWc : l'appel d'offres simplifié
Le segment 100-500 kWc ne relève plus de l'arrêté S21 : les nouveaux projets passent désormais par un appel d'offres simplifié géré par la CRE, qui permet aux producteurs de proposer un prix de vente sur la base d'un cahier des charges public. Ce dispositif vise à favoriser la concurrence et à ajuster les prix aux conditions réelles du marché.
Pour les installations supérieures à 500 kWc, les appels d'offres classiques (commerce et industrie) restent la voie de référence.
Conséquences pour les installateurs
L'autoconsommation s'impose comme la stratégie dominante
Avec un tarif de revente du surplus à 4,00 c€/kWh sur le résidentiel et un prix moyen du kWh facturé bien supérieur, consommer soi-même l'électricité produite est devenu nettement plus rentable que de la revendre. Les installations sont désormais dimensionnées pour maximiser l'autoconsommation, parfois couplées à du stockage par batterie ou à du pilotage de charge (eau chaude sanitaire, recharge véhicule électrique).
Le bon dimensionnement, plus stratégique que jamais
Un dimensionnement adapté à la consommation réelle du foyer ou du site permet d'optimiser la part autoconsommée, de limiter la production excédentaire revendue à un tarif peu attractif, et donc de raccourcir la durée de retour sur investissement. À l'inverse, un surdimensionnement systématique fait peser une part croissante des kWh produits sur la revente, à un tarif désormais bas.
Les conséquences pour la responsabilité de l'installateur
La baisse continue des tarifs d'achat ne change pas le périmètre de la responsabilité décennale : un installateur reste responsable pendant dix ans des désordres rendant l'ouvrage impropre à sa destination. Les évolutions tarifaires modifient en revanche les attentes des clients, qui exigent désormais des installations optimisées pour l'autoconsommation, du stockage, et un suivi de production rigoureux pour valider les promesses commerciales.
Pour les installations qui posent désormais des batteries de stockage ou des systèmes de pilotage avancés, il est essentiel de vérifier que le contrat de décennale couvre explicitement ces équipements : les batteries, en particulier, sont fréquemment exclues des contrats standards. Voir notre dossier dédié à l'assurance des batteries.
En résumé
- L'arrêté S21 régit les tarifs d'achat des installations ≤ 100 kWc depuis 2025.
- Au 2e trimestre 2026, la vente du surplus s'établit à 4,00 c€/kWh (≤ 9 kWc) et 4,73 c€/kWh (9-100 kWc).
- La vente totale est réservée aux installations de plus de 9 kWc, à 8,05 c€/kWh (9-36 kWc) ou 7,00 c€/kWh (36-100 kWc).
- Le segment 100-500 kWc est désormais traité par appel d'offres simplifié.
- L'autoconsommation est largement plus rentable que la revente sur le résidentiel.
Obtenir une indication tarifaire d'assurance décennale
Sources : Commission de Régulation de l'Énergie (CRE), Hellio – Arrêté tarifaire S21, photovoltaique.info – Publication des tarifs T2 2026.
